la femme tortue

Bio

Elle débute sa carrière comme danseuse et chorégraphe dans les années 75. Elle enseigne la danse dans les Conservatoires de Paris puis aura en charge une classe préprofessionnelle du Conservatoire Marius Petipa sous la direction de Claire Sombert. De 1985 à 1988, elle dirige sa propre compagnie et fait ses armes en matière de scénographie, de mise en scène et de création costumes.

Détour par les Arts plastiques

Elle commence dès lors à ouvrir son travail vers les arts plastiques (premières expositions dès 1988). Elle avait été formée au dessin durant son enfance par son père (mine de plomb, fusain et encre de chine). Ensuite c’est Michel Mouclier, peintre et écrivain, qui la guidera vers une technique et un style pictural propre à elle. Elle doit à ce Maître - car c’est ainsi qu’elle le considère - de ne s’être jamais laissée enfermer dans les canons et règles contraignantes de l’apprentissage scolaire. À la même époque une fréquentation assidue des musées parisiens lui a permis par ailleurs d’élargir sa vision artistique et d’aiguiser sa sensibilité. Elle dit s’être formée à l’école des impressionnistes puis au contact des œuvres de Matisse, Derain et Picasso. Durant une année, elle a fait l’exercice quotidien d’une copie à main levée d’une gravure prise au hasard dans la Suite Vollard. Cette discipline "yoguique" de la copie hasardeuse lui a permis de libérer sa manière et de trouver son vrai "métier du peintre". Elle expose en France et à l’étranger. Sa sensibilité à l’écologie l’amène à travailler le bois et les matériaux naturels. Sa sculpture est un dialogue avec le bois où elle ne cherche jamais à imposer sa loi. C’est, dit-elle, un juste partage des forces entre le talent de la main humaine et la texture du bois.

Le passage par les arts plastiques ne la détourne pas du spectacle vivant

Lors du colloque sur le Métissage des arts organisé à Budapest de 1999 auquel elle avait été conviée en tant qu’artiste multiformes avec d’autres artistes européens de même caractéristique, Marwil Huguet avait déjà soulevé la question de la nécessité de l’entrelacement, de l’enchevêtrement même des médiums artistiques pour parvenir à une œuvre aboutie. Sa formation plurielle initiale fait qu’elle n’a jamais conçu de séparation dans les œuvres qu’elle a produites. Très vite elle s’est attachée aussi à la création et la réalisation de costumes en même temps qu’elle créait une pièce chorégraphique ou théâtrale. Entrée très tôt en écriture, après avoir longtemps exploré la poésie, elle s’est tournée vers l’écriture théâtrale d’abord pour le besoin (un théâtre adapté au "nombre" pour ses plus jeunes élèves d’art dramatique) puis par désir de porter à la scène certains sujets lui tenant à cœur.

Un chemin chorégraphique lié au théâtre

Ses œuvres chorégraphiques de jeunesse comprenaient déjà du texte. Elle s’impose pour elle-même - comme interprète - ce voyage entre le dire et le mouvement, non qu’elle considère que l’un ou l’autre des médiums soit faible et aurait besoin d’être « complété », mais simplement au nom de l’ouverture et de la diversification des émotions. Ses deux plus récentes créations chorégraphiques sont dans cette veine (Constellation 2005, Gomati 2007). Côté théâtre, c’est dans l’écriture même que se manifeste cette interaction. On parvient alors à une participation de la sculpture, de la peinture, du cirque ou de la musique vivante au cœur même de l’écriture dramatique.

Actuellement tournée vers une recherche affinée du corps théâtral, elle inscrit son travail de création comme de formation (CCRT) dans une affirmation de la nécessité d’intériorité de l’interprète (qu’il soit danseur ou comédien, conteur ou chanteur), demandant à cet interprète de "nommer" ce qui le détermine à monter sur une scène.

Depuis 2007, elle s’occupe de la direction artistique de la compagnie La Toile Filante, proposant des créations pluridisciplinaires (théâtre, danse, arts plastiques, cirque).

Membre EAT, SAIF. Adhérente SACD, SGDL, MDA, MéL. Sociétaire SOFIA

A télécharger